
L’appendice est un segment intestinal borgne, situé dans la partie basse et droite de l’abdomen (fosse iliaque droite) et implanté au niveau de la partie toute initiale du gros intestin appelé caecum, juste en dessous de l’abouchement de l’intestin grêle. Autant son implantation est assez constante, autant la position de l’appendice est variable en fonction de sa mobilité et de sa longueur (habituellement 8 à 10 cm). La pointe peut ainsi se trouver derrière le caecum, au milieu de l’abdomen, dans le petit bassin voire sous le foie. En fonction de la localisation, la symptomatologie d’une appendicite peut donc varier car des organes différents peuvent être irrités par une inflammation.
Le rôle de l’appendice est assez mal connu. Sa richesse en tissu lymphatique a fait naître l’hypothèse d’un rôle dans le processus de défense de l’organisme contre les infections. Son ablation ne crée cependant aucun effet négatif connu sur le système immunitaire de l’homme.
L’infection de toute ou partie de l’appendice peut survenir sans facteur déclenchant particulier. Plus fréquente chez l’adulte jeune, l’appendicite se caractérise par une infection microbienne d’évolution rapide, accompagnée de fièvre jusqu’à 38,5 et de douleurs abdominales. En l’absence de traitement chirurgical, l’évolution peut se faire rapidement vers la constitution d’un abcès, voire d’une inflammation (péritonite) localisée ou généralisée qui risque de mettre en jeu le pronostic vital si elle n’est pas traitée chirurgicalement. Un blocage des intestins (occlusion) est alors fréquemment associé. Une telle situation entraine un retentissement grave sur l’état général de l’organisme et peut, à terme, mettre en jeu le pronostic vital.
Autant les complications de l’appendicite sont graves, autant il faut insister sur le fait qu’une douleur dans la région appendiculaire et de la fièvre ne sont pas suffisants pour établir le diagnostic d’appendicite. De nombreuses autres maladies (p.ex. virales) peuvent provoquer des signes similaires et ne nécessitent pas une intervention. Votre chirurgien vous expliquera pourquoi l’intervention est nécessaire dans votre cas. L’appendicite chronique est rare.

L’intervention consiste à enlever l’appendice : c’est l’appendicectomie. Pratiquée la plupart du temps sous cœlioscopie, elle consiste en la ligature de l’artère appendiculaire, puis de la base d’implantation de l’appendice sur le caecum. La cœlioscopie permet d’explorer toute la cavité abdominale et de nettoyer celle-ci en fin d’intervention (toilette péritonéale). Dans certains cas graves (présence d’une péritonite, d’une occlusion), une laparotomie peut être nécessaire. La chirurgie est systématiquement encadrée par une antibiothérapie.
En l’absence d’intervention, l’infection intra-abdominale ne peut être traitée par des antibiotiques seuls. L’évolution se fait alors vers l’abcès appendiculaire ou vers une perforation avec péritonite. Une occlusion est souvent associée. L’évolution est défavorable.
La chirurgie, associée à l’antibiothérapie, permet le traitement de la cause de l’infection. Le risque vital est exceptionnel.
Toutes les séries montrent une mortalité inférieure à 1 pour 10 000 interventions pour les appendicites non compliquées de l’adulte jeune. Des complications sont cependant possibles. Comme pour toute intervention chirurgicale, le saignement per- et postopératoire est une complication qui peut survenir. Elle ne nécessite que très rarement une transfusion sanguine voire une réintervention.
Les risques principaux sont liés au caractère infecté de l’appendice. On peut en effet observer la formation d’une collection infectée (abcès) au niveau du petit bassin ou dans un autre endroit de la cavité abdominale. Un tel abcès peut nécessiter un geste de drainage, soit par voie chirurgicale, soit par voie radiologique sous contrôle échographique ou de scanner. Un abcès est également possible au niveau des cicatrices.
Dans de rares cas, la suture de la base de l’appendice peut lâcher, provoquant une péritonite postopératoire qui va nécessiter une réintervention. De la même façon, un blocage prolongé des intestins (occlusion) peut nécessiter une nouvelle intervention.
Il est rare que des complications tardives surviennent après une appendicectomie. Cependant, deux complications sont possibles à distance de l’intervention : l’éventration sur la cicatrice, qui est devenue plus rare depuis que la majorité des appendicectomies est réalisée sous cœlioscopie ; et l’occlusion sur brides postopératoires, qui est possible dès que l’on a été opéré du ventre et qui peut survenir des années après une intervention.
Les suites opératoires sont habituellement simples : reprise du transit entre 24 et 48 heures après l’opération, reprise d’une alimentation légère le premier jour, sortie vers le 2ème ou troisième jour postopératoire. Les suites peuvent être plus longues en cas d’appendicite présentant des complications majeures nécessitant une laparotomie. Un arrêt de travail de 2 à 3 semaines est conseillé ; les activités sportives sont reprises au bout d’un mois.
Traditional and laparoscopic appendectomy in adults: outcomes in English NHS hospitals between 1996 and 2006. Faiz O, Clark J, Brown T, Bottle A, Antoniou A, Farrands P, Darzi A, Aylin P. Ann Surg. 2008 Nov;248(5):800-6.
Création juin 2010